Définition
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Tentative de définition de la pêche à la mouche
Il existe différentes manières de pêcher "à la mouche" :
- à la surface de l'eau. C'est la pêche en sèche ou en émergente : on utilise alors comme leurre une imitation d'insecte "flottant" (ailé volant, terrestre...), que l'on fait dériver à la surface de l'eau.
- sous la surface de l'eau : la pêche en noyée, en nymphe et au streamer.
C'est là que ça se complique, puisque les streamers n'imitent pas des mouches mais des alevins. Donc ce n'est plus de la pêche "à la mouche". Alors, qu'est-ce qui fait la spécificité de cette pêche ?
Le point commun de ces leurres est leur légèreté. Leur poids ne suffit pas pour les projeter à distance. Essayez de lancer une plume avec votre main et vous comprendrez qu'il est difficile de projeter assez loin une mouche fabriquée justement avec ce matériau et qui ne pèse que quelques dixièmes de grammes.
La mouche a donc besoin d'un "véhicule". C'est la soie, dont le poids est assez lourd pour qu'elle soit projetée - contrairement à un fil de nylon. Et ce véhicule a besoin de propulsion, puisque la soie est inerte. C'est la canne à mouche, ou fouet, qui assure cette propulsion en se bandant comme un arc puis en déchargeant son énergie.
CQFD : la pêche à la mouche est donc en réalité la "pêche au fouet".
Qu'est-ce que ça change ? En fait, rien - sinon une meilleure approche du principe mécanique de cette pêche. Mais au moins c'est cohérent maintenant !
Une pêche active
Le moucheur se déplace beaucoup pour rechercher le poisson – la nymphe à vue en particulier ressemble beaucoup à une traque du poisson. Ici, pas d’amorçage pour faire venir le poisson au pêcheur, ni de fauteuil pour l’attendre confortablement.
C'est également une pêche active sur le plan intellectuel : le moucheur est confronté à chaque poisson qu'il tente de prendre à un nouveau problème dont il doit trouver la solution : comment se positionner, quelle technique employer, quelle mouche choisir, etc.
Une pêche « sportive »
Ce terme est souvent utilisé pour définir la pêche à la mouche.
Il fait peut-être référence à la condition physique nécessaire pour progresser en terrain accidenté ou dans le lit de la rivière. Mais il s’agit surtout de décrire un état d’esprit, la sportivité, où le pêcheur n’est pas sûr de « gagner » - et accepte d’avance le risque d’une éventuelle défaite. L’affrontement avec le poisson ne se fait bien sûr pas à armes égales, mais au moins la palm conserve-t-elle une bonne part d’incertitude.
C’est peut-être de l’esprit sportif que vient la propension des anciens moucheurs à fixer des règles et codifier leurs pratiques pour dire ce qui « se faisait » et ce qui « ne se faisait pas ».
Une pêche ouverte à différentes pratiques ?
A l’origine, les moucheurs anglais considéraient que seule la pêche à la mouche sèche était respectable. A l’époque, la seule alternative à la sèche était la noyée. Cette pratique était considérée comme inférieure – peut-être parce qu’elle était pratiquée par les paysans et que ceux-ci de surcroît s’en nourrissaient.
Cet état d’esprit perdure aujourd’hui chez certains moucheurs, pour lesquels il est déshonorant de pêcher autrement qu’en sèche ou en nymphe à vue. La technique la plus stigmatisée est la nymphe lourde, de surcroît avec indicateur. Ils considèrent que c’est pire encore si l’indicateur de touches est artificiel…
Heureusement, de nombreux moucheurs ne font pas de distinction de ce genre entre les différentes techniques, laissant à chacun le droit d’apprécier lui-même si son plaisir est conforme au droit canon des intégristes.
Une pêche élitiste et snob ?
La pêche à la mouche a longtemps été considérée comme une pêche élitiste. Cela était dû en particulier au coût de l’équipement, qui réservait cette pêche aux plus fortunés. Aujourd’hui, il est possible de s’équiper avec un budget assez limité. Néanmoins, s’il n’y a plus de sélection sociale parmi les moucheurs, force est de constater que la pêche à la mouche induit des comportements élitistes chez certains sujets qui se considèrent supérieurs aux autres pêcheurs.
Qu’est-ce qui peut expliquer ce comportement déviant ? C’est peut-être parce que la palm est une technique exigeante et qu’ils sont fiers d’être à la hauteur de ses exigences. Peut-être parce qu’ils pêchent les espèces considérées comme les plus nobles , les salmonidés, plutôt que les plus modestes "blancs". Certains poussent le sentiment de supériorité jusque dans leur rapport aux poissons et la gestion des rivières, considérant qu’il n’y a pas de salut hors de la pratique du no-kill, considérant que les autres pêcheurs sont des «viandards» - insulte suprême !
Tout est affaire d'individus. On trouve la même proportions de cons qu'ailleurs, et certainement un peu plus de snobs.
Les motivations du moucheur
A chacun de compléter ce paragraphe en fonction de ce qu’il ressent. Vous pouvez également rédiger un Point de vue à ce propos. Voici différentes motivations. Tous les moucheurs ne les partagent pas mais il serait surprenant qu’ils ne s’y retrouvent pas à un moment ou à un autre.
- Contact avec la nature : d’une part la palm se pratique souvent dans une nature magnifique. D’autre part la pêche à la mouche nécessite de s’intéresser au comportement des poissons, à leur environnement (la rivière, et donc l'environnement de celle-ci, donc à notre environnement de manière plus vaste), elle amène éventuellement à l’entomologie, etc. En résumé : la pêche à la mouche ne se limite jamais à la pêche.
- Quête de la perfection : le moucheur se contente rarement d’à-peu-près : il cherche à limiter le hasard au maximum, sachant que l’échec peut tenir à un détail.
- Goût du défi : chaque situation de pêche est un nouveau défi pour le moucheur, qui doit analyser les différents paramètres (qui ne sont jamais les mêmes) et prendre les bonnes décisions pour résoudre un problème constamment renouvelé. Il est indispensable de rester humble et d'être toujours prêt à remettre en cause ses pratiques. Un vrai défi !
